Une règle culturelle fondamentale
Si vous laissez un pourboire dans un restaurant japonais, le serveur courra probablement après vous pour vous rendre votre argent. Ce n'est pas un malentendu : au Japon, le pourboire est considéré comme impoli, voire insultant.
Pour comprendre pourquoi, il faut saisir le concept japonais d'omotenashi — un art de l'hospitalité désintéressée où le service est rendu avec sincérité et sans attente de récompense supplémentaire. Un pourboire suggérerait que le serveur n'est pas correctement rémunéré, ce qui serait une critique implicite de l'établissement et de son employeur.
La règle s'applique partout
- Restaurants : aucun pourboire, jamais. Le service est toujours inclus dans le prix.
- Taxis : ne pas arrondir. Si votre course coûte 1 850¥, le chauffeur vous rendra 150¥ si vous lui donnez 2 000¥ — et sera mal à l'aise si vous dites "gardez la monnaie".
- Hôtels : les porteurs ne s'attendent pas à de pourboire. Le personnel de ménage non plus.
- Ryokans : exception partielle. Dans les ryokans traditionnels, il est coutume de laisser un pochibukuro (petite enveloppe) à votre hôte si vous avez été particulièrement bien servi. Mais uniquement dans une enveloppe, jamais à la main.
Comment remercier autrement
Les Japonais apprécient infiniment plus un sincère arigatou gozaimashita (merci beaucoup, dit en partant) qu'un billet laissé sur la table. Une légère inclinaison de tête en quittant le restaurant fait toute la différence.
Dans les hôtels et ryokans haut de gamme, certains propriétaires accepteront une petite enveloppe avec un billet symbolique si vous insistez vraiment — mais ne vous y attendez pas et n'insistez pas.
Les exceptions de plus en plus fréquentes
Avec la mondialisation et le tourisme international, certains établissements très touristiques (restaurants à Shinjuku ou Dotonbori) ont adopté une tolérance tacite pour les pourboires. Mais comme règle générale : ne pas laisser de pourboire est toujours le choix le plus respectueux au Japon.